Bien coiffé, on quitte la ville de Tanger et on se met en route pour Assilah. Cette petite ville à 45 minutes de Tanger est surtout connue pour sa Medina très bien entretenue et très propre. On arrive vers midi et on s’installe au camping Echrigui. On décide de sortir tout de suite pour aller déjeuner en centre ville.

Depuis que nous avons entamé notre voyage, nous avons rarement mangé au restaurant. C’est surtout pour tenir dans notre budget, mais aussi parce que dans certaines régions que nous traversons, il n’y a pas beaucoup de choix vegans. Souvent, on essaie de manger les spécialités locales vegans ou voir végétariens au moins une fois dehors, mais à part ça, Gizem cuisine dans le camping-car (oui, j’avoue, je ne suis pas doué dans la cuisine … je suis surtout doué pour manger). Mais cette fois-ci, pendant la route vers Assilah, Gizem a lu dans Le Routard qu’il y avait un petit restaurant peu cher qui fait des tagines excellents. Son nom: “Arabi Elegant Chez Driss”. Il ne faut pas plus pour nous convaincre ! Nous suivons notre faim et fonçons vers le centre.

Accident de voiture !

A peine sortis du camping, nous sommes témoins d’un accident de route. Un jeune homme dans une petite voiture jaune n’a pas pu éviter la voiture d’une dame qui n’avait pas respecté la priorité du grand boulevard. Mais, apparemment, dans ce cas de figure-ci, cette règle n’a pas d’importance, c’est l’age qui compte. Tout le monde autour engueule le jeune homme. En tant que touriste, on observe et on ne se mêle pas, mais on a de la peine pour le jeune homme. En tous cas, on se répète encore une fois qu’au Maroc, on doit vraiment faire attention sur la route.

Un des meilleurs tagines du Maroc à Assilah

On continue notre chemin et quelques minutes plus tard, on arrive dans une petite ruelle avec quelques restaurants. On cherche un restaurant qui mérite de porter le nom “Arabi Elegant”, mais on ne voit que des terrasses avec des tables de jardin et des chaises en plastic, genre resto fast food. Mais, sur le 2ème restaurant de ce genre, on voit bien le nom qu’on cherche. On hésite quelques secondes, mais on a faim et on fait confiance au Routard !

Dès qu’on entre à l’intérieur du restaurant, on remarque que la salle est carrément tapissé de photos. Sur chaque photo figure le patron du restaurant (est-ce que ce serait lui ce fameux “Driss, l’Arabi Elegant” ?) avec des personnes que nous ne reconnaissons pas, mais qui sont sans aucun doute très connues … ou pas ? Bref, on est là pour manger !

Par contre, quand on veut commander un tagine végétarien, on nous informe qu’il n’y en a plus. Mais dès qu’ils comprennent que c’est le seul choix possible pour nous (et que sinon nous serions obligé d’aller voir ailleurs), il y aura du tagine aux légumes, sans problème ! Comment j’apprécie cette flexibilité, surtout après avoir vécu à Paris depuis 7 ans. Là-bas, combien de fois j’ai pensé “S’il n’y a plus de sandwich aux légumes grillés, ne pourriez-vous pas en refaire un? Il n’est que 15h et vous avez clairement du pain et des légumes grillés !”.

Quelques minutes plus tard, les plats sont devant nos yeux. Nous attaquons. Dès la première cuillière, on a compris pourquoi tous ces gens “connus” étaient passées par ici ! C’est une merveille sans nom ! Quand le goût est tellement bon, qui a le temps de penser au fait qu’on est assis sur une chaise plastique ?

La visite de la Medina d’Assilah

Après le repas, il est temps de découvrir cette fameuse Medina, construite par les portugais. La première chose qu’on remarque, c’est les travaux de rénovation qui sont en cours partout. Beaucoup de maisons sont à vendre aussi. D’ailleurs, pas besoin d’affiche pour annoncer cela, c’est écrit en peinture sur la maison, accompagné d’un numéro de portable.

On remarque aussi qu’Assilah figure clairement dans la version japonaise du Routard … ou sinon cette Medina abrîte la plus grande communauté japonaise du Maroc ! A part toutes ces observations, la Medina est en effet magnifique… et assez propre. Mais bon, comme Gizem est turque, notre standard de propreté est tellement élevé que rien n’est jamais assez propre 🙂 On apprécie aussi le mélange d’art(isanat) traditionnel et street art moderne, c’est assez unique de voir cela dans un setting pareil. Après 3 tours et 700 photos, on retourne vers le camping.

Moulay-Bousselham, sa lagune, ses moustiques…

Deux jours plus tard, on quitte Assilah pour Moulay-Bousselham. Tout le monde nous a parlé de sa lagune splendide… mais aussi de son abondance en moustiques. Dans la première minute après notre arrivée, on a vu les 2 !

On installe le camping-car un peu loin de l’entrée, pour pouvoir profiter de la nature (et ses moustiques). Par contre, j’essaie de me brancher au 220V et ça n’a pas l’air de marcher. Je vois un homme âgée faire le tour des prises avec un appareil, je décide d’aller lui parler pour demander conseil, il a l’air de savoir ce qu’il fait. Il vient de brancher son camping-car dans une prise pas loin de nous, mais dès qu’il tourne le dos, une flamme sort de la prise et un nuage de fumée suit. Je crie pour lui signaler qu’il y a un soucis et il court pour aller débrancher sa rallonge. Il enchaine quelques gros mots en allemand. Je conclue que clairement, il n’en sait pas plus que moi et clairement, ce n’est pas une bonne idée de se brancher ici !

Nous sortons pour faire un petit tour du village. D’abord, on regarde la lagune de près. Elle est belle en effet, mais on n’arrive pas vraiment à l’apprécier, comme on est trop occupé à expliquer à tout le monde que nous ne voulons pas faire un petit tour en bateau. Avec nos 2 enfants qui ne savent pas encore nager et sans équipement de sécurité, ça ne donne pas vraiment envie. C’est marrant comment certaines personnes pensent pouvoir te convaincre juste en disant “Ne t’inquiète pas, il ne peut rien se passer”. Il me faudra quand même un meilleur argument que ça je crois…

Un « date » à deux

Nous montons vers le village. Entretemps, Payna dort dans la poussette et Rumi dort sur moi. Depuis notre départ, c’est rare de se retrouver à 2, entre adultes. On dirait presque un date. Ce voyage nous donne en effet l’opportunité de vivre des moments extraordinaires avec nos enfants. Mais, on ne va pas mentir, s’occuper de 2 enfants en bas âge, 24h sur 24, 7j sur 7, en vivant dans un camping-car, ça peut devenir un peu fatiguant (ceci est un euphémisme). Donc, une petite pause comme ceci, où on peut se parler tranquillement sans être interrompu tous les 2 secondes, ça fait quand même du bien. C’est juste dommage que le village n’est pas exactement ce qu’on appellerait beau 🙂

Nouveaux amis

Le lendemain matin, pendant que je nettoie le camping-car (un petit rituel quotidien qu’on alterne entre Gizem et moi), je vois que Gizem parle avec un jeune couple marocain. Ils s’appellent Hajar et Oussama et ils ont passé la nuit au camping dans leur Land Rover Defender. Ils habitent à Rabat et comme c’est notre prochaine destination, on prend leurs numéros pour qu’on puisse se revoir là-bas. C’est quelque chose que nous aimons beaucoup faire, découvrir une ville avec quelqu’un qui y vit. C’est une expérience tellement différente que de suivre des locaux, donc ça promet pour Rabat !

 

Paul.