La vie du camping-cariste, pas toujours glamour

Après avoir visité Assilah et Moulay Bousselham, on arrive à Rabat pendant le début d’un après-midi.

On a besoin de faire des courses, notre frigo est vide ! On décide d’aller chez Marjane, le Carrefour du Maroc. Après avoir fait nos achats et avoir mangé, il fait déjà assez tard. On décide de se reposer un peu et de passer la nuit sur la parking du Marjane.

Tout va bien jusqu’à 22h. Et tout d’un coup, « toc toc toc ! » Quelqu’un frappe sur notre porte. Il fait déjà noir, donc j’ouvre prudemment. Un gardien avec un talkie-walkie m’informe qu’on ne peut pas rester là, ils va fermer le parking. Je sors du camping-car pour voir avec lui s’il n’y a pas moyen de trouver une solution. Je n’ai pas envie de réveiller les enfants pour les installer dans leur siège-auto et d’aller chercher un autre bivouac à cette heure-ci.

Dès que je sors dehors, je me rends compte que je ne suis pas habillé pour l’occasion, je suis en short, flip flops et débardeur et il fait peut-être 7°C dehors… Pourtant, il y a quelques heures, il en faisait encore 22°C ! Quand le gardien me demande de le suivre, j’ai honte d’avouer que j’ai froid donc je le suis comme si tout est normal. On doit faire une drôle de combinaison: lui, habillé comme s’il va entamer l’ascension du Mont Blanc et moi, habillé comme s’il me manque juste ma planche de surf.

Il me montre un endroit un peu plus loin, juste à côté d’un station de gaz. C’est là qu’il tient la garde pendant la nuit, donc on peut se garer là. Très bien, ça me va! Je cours vers le camping-car pour aller me réchauffer et j’informe Gizem de ce qui se passe. Elle va rester au lit avec les enfants pendant que je roule 200m à 2 km/h pour ne pas devoir réveiller les enfants. Une fois garé, on se rend vite compte que le gardien n’est pas seul, il est accompagné par un chien de garde. Encore mieux, on pourrait penser n’est-ce pas ? Sauf que, son chien est un peu nerveux, un peu beaucoup même. Il n’arrête pas d’aboyer comme un fou, sans cesse ! Bon, on va devoir s’y faire, chaque bivouac ne peut pas être un endroit de rêve, bien sûr.

Le lendemain matin, notre ami le chien est déjà parti, mais la petite route tranquille est devenue une vraie autoroute pour des poids-lourds. Du coup, je décide de retourner vers le parking du Marjane qui vient d’ouvrir. La “vanlife” ou le “camping-car life”, c’est aussi ça parfois, un peu galérer pour trouver l’endroit idéal.

Le Marjane de Rabat

Découverte de Rabat, la Kasbah et la Medina

Après le petit-déjeuner, on se met en route vers le centre de Rabat. On arrive vers midi et on se gare sur le parking à côté du phare. Le gardien nous dit tout de suite que nous ne pourrons pas passer la nuit sur ce parking, donc on sait qu’on va devoir trouver une autre solution plus tard (et Marjane n’est pas une option!). Mais d’abord, on veut découvrir la ville ! 

La première chose qu’on va visiter c’est la Kasbah des Oudayas. C’est un ancien camp militaire fortifié qui est devenu une medina magnifique avec une vue en hauteur sur l’océan et sur la ville de Salé. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Et on comprend pourquoi !

Après la Kasbah, on veut visiter la Medina. Mais d’abord, on appelle Hajar et Oussama, le couple “rbati” (de Rabat) que nous avons rencontré au camping de Moulay-Bousselham. Oussama est un super photographe qui fait de magnifiques photos du paysage marocain. Et ensemble, ils ont une agence de communication et voyagent dans leurs pays à bord de leur Land Rover Defender.

Nous nous donnons rendez-vous pour prendre le dîner ensemble dans le restaurant “Dar Naji”. On a encore quelques heures, donc on se promène un peu dans la Medina. Comparé à la medina de Tanger, elle est beaucoup plus “vraie”. Il y a une petite partie touristique, mais très vite, on se promène entre tous les locaux qui achètent leurs légumes, fruits, viande etc… On peut ressentir un vrai sentiment d’authenticité, ce qui nous plaît !

Après un grand tour, nous retrouvons nos amis au restaurant. Les plats sont excellents: tagine aux légumes et r’fissa végétarien (un genre de crêpe marocain émincé avec une sauce de lentilles). Quand on raconte nos aventures de la nuit précédente, Hajar et Oussama insistent de nous aider à trouver une meilleure place pour la nuit. On les accompagne au parking sur lequel ils ont garé leur voiture. Ils parlent avec le gardien pendant 2 minutes et voilà, tout est réglé, on peut passer la nuit ici, sans problème. Ils nous offrent même de l’électricité sans frais ! On invite nos amis à prendre le thé dans notre camping-car, avant d’aller se coucher. C’est un vrai avantage de ce mode de voyage, pouvoir inviter quelqu’un chez soi en étant touriste dans leur ville ! C’est à chaque fois une expérience unique.

L’hospitalité marocain

Le lendemain, nous décidons de découvrir le quartier d’Agdal, la partie moderne de la ville. Après une bonne marche d’à peu près une heure, on se croirait presqu’à Paris. Tout le monde autour de nous parle français, on ne voit que des bistros français, des librairies françaises, etc… On demande au serveur du restaurant comment ça se fait et il nous explique qu’il y a quelques écoles françaises dans le quartier. Après quelques minutes de conversation, il nous donne son numéro pour quand on sera à Fès, sa ville de naissance. On doit absolument l’appeler, il veut nous inviter chez sa famille.

L’hospitalité marocaine est vraiment “next level”. On le remarquera de plus en plus dans la suite du voyage ! L’amitié aussi d’ailleurs, on remarque ici qu’il ne faut pas forcément beaucoup de temps pour tisser des liens forts. Par exemple, on est devenu très proche avec le gardien du parking à Rabat, alors qu’on n’arrive presque pas à communiquer car nous ne parlons pas l’arabe et il ne parle ni le français, ni l’anglais. Mais tout de même, on sent une sincère appréciation et un vrai sentiment d’amitié, ce qui prouve que les mots ne sont pas tout !

Nous avons donc passé quelques jours à Rabat, nous avons fait quelques nouveaux amis et nous avons même visité Salé, sa ville voisine (que nous n’avons malheureusement pas beaucoup aimé). Le temps est venu de quitter la vraie capitale pour la capitale économique: Casablanca.

 

Nos adresses  ❤ :

Dinarjat
Boulevard el Alou، Rabat
Prix cher
Magnifique décor, gérant très sympathique, plats délicieux. Réserver pour le soir, idéal pour un dîner romantique. Musique live.

Dar Naji
Rue Jazirat Al Arab, Bab Al Had
Prix moyen
Un bon endroit juste à l’extérieur de la medina, on mange bien et varié.

Libération
256, Avenue Mohammed V, Rabat 10030
Prix bas
Restaurant dans la medina, avec des prix incroyables, fréquenté aussi bien par des locaux que des touristes.