Après être resté à Tafraout pendant plus qu’une semaine, ça fait du bien d’être sur la route à nouveau ! Le chemin entre Tafraout et Taroudant n’a rien à voir avec celle entre Tiznit et Tafraout, on dirait qu’elle vient d’être faite. Quelqu’un nous a dit que c’est certainement parce que Mr. Chirac a une maison à Taroudant… En tous cas, nous arrivons sans aucun problème dans « Le camping du Jardin” où nous retrouvons par hasard nos amis Omar et Fatima que nous avions rencontrés devant le garage à Tafraout.

Ce n’est plus vraiment étonnant pour nous, parce qu’au Maroc,  les camping-caristes suivent souvent le même parcours, donc on peut croiser les mêmes personnes. Parfois, nous avons comparé cette expérience à un énorme parc d’attraction dans lequel nous nous promenons en camping-car.

Visite de la raffinerie d’huile d’olive artisanale

Le lendemain, nous prenons le taxi pour aller acheter des fruits et légumes au “grand marché”. Je confirme, le nom représente bien ce que c’est: un énorme marché où on peut trouver des centaines de marchands qui vendent leur production au sol. Les prix sont imbattables: 1 dirham (0,1€) pour 2 kg de mandarines ! Les marchands sont plutôt corrects, surtout quand ils apprennent que Gizem vient de Turquie. Alors, là, ils nous ajoutent même des cadeaux !

De retour au camping, pendant que nous buvons un thé à la menthe avec nos amis, le gardien du camping nous propose d’aller voir une raffinerie d’huile d’olive qui se trouve à 50m du camping. Il nous promet que nous allons aimer. En effet, il n’a pas menti.

En arrivant à la raffinerie, nous voyons 3 femmes par terre en train de trier les olives, à la main ! Ensuite, à l’intérieur, ils nous montrent une presse traditionnelle qui peut être utilisée par une personne toute seule. Quand on tourne la presse, l’huile sort d’une sorte de filet en-dessous et tombe dans un reservoir. Après un process naturelle de filtrage, il reste une huile d’olive magnifique. Nous utilisons ce produit tous les jours, mais nous n’avions jamais vu de près la procédure traditionnelle et c’était impressionnant !

Le petit Marrakech

Le lendemain, nous faisons un tour dans le centre ville de Taroudant. On nous avait dit qu’on appelle cette ville “le petit Marrakech”. Nous remarquons  que les vendeurs dans la Medina utilisent les techniques de vente les plus agressives de toutes les villes que nous avons visitées jusque-là, ce qui n’est pas vraiment très agréable.

Avant de retourner au camping, nous arrivons à la grande place de la ville. On remarque qu’il y a plein de petits groupes qui se sont formés sur la place. Nous demandons à une personne s’il peut nous expliquer ce qui se passe. Il nous explique que c’est le nouvel an berbère et que les gens sont en train d’écouter des discours sur la place. Ce sont des discours sur la médecine, l’ésotérisme,  la politique et d’autres sujets. Les spectateurs se mettent autour d’un orateur qui leur fait un discours à haute voix en faisant beaucoup de gesticulations. C’est un vrai spectacle à observer.

Notre pire expérience au Maroc

Un peu plus loin, nous entendons de la musique, donc nous souhaitons jeter un oeil. Comme toujours, Gizem filme la scène avec son portable. Après 30 secondes, un des musiciens fait signe aux autres d’arrêter la musique, un silence soudain vient sur la place. Le musicien se dirige vers nous en indiquant le portable de Gizem et en demandant de l’argent avec son autre main. Au moins 100 personnes nous regardent en silence, en attendant que nous donnons de l’argent pour avoir filmé 30 secondes.

Nous nous sentons assez intimidés mais refusons de payer. Sauf que, comme par hasard, à ce moment-là, tout l’argent que je venais de retirer tombe de ma poche par terre ! Les gens autour nous aident à ramasser les billets, mais là nous nous sentions trop gênés pour ne rien donner, donc je donne quelques dirhams et le musicien rentre à sa place. Ouf, on est soulagé.

Mais, ce n’est pas encore fini ! Une autre musicienne crie quelque chose en berbère et tout à coup, tous les spectateurs nous tournent le dos et ferment le cercle pour que nous ne puissions plus rien voir ! Pour la première fois au Maroc, nous nous sentons vraiment mal à l’aise, nous voulons rentrer tout de suite. Sauf qu’un aucun taxi ne veut nous prendre. Ce sont tous des “petits taxis” qui ne peuvent pas prendre plus que 3 personnes et même en portant Rumi sur nous, ça ne passe pas par rapport à leur assurance.

Il n’y avait aucun problème pour la route du camping au centre ville, mais je m’imagine qu’il y a plus de contrôles au centre, donc nous sommes obligé de faire un bon bout à pied pour sortir du centre et ensuite trouver un taxi qui veut bien nous prendre. En arrivant au camping, nous sommes un peu dégoûtés de cette mésaventure et tout ce qu’on veut faire c’est dormir et partir le lendemain matin !

La plus belle route du Maroc: Le Tizi-n-Test

La prochaine destination est Marrakech. Pour y aller de Taroudant, il y a 2 options, soit l’autoroute qui n’est pas particulièrement intéressante, soit la route qui traverse les montagnes, c’est la route qui s’appelle le Tizi-n-Test. C’est un col construit en 1924 qui monte au-dessus de 2000m et qui donne une vue splendide sur la chaîne de montagne Anti-Atlas. On peut même voir le mont Toubkal avec son sommet enneigé ! Cette route est connue comme une des routes les plus dangereuses du monde, mais aussi une des plus belles.

Nous hésitons un peu, mais après avoir fait quelques recherches sur internet, nous décidons de confronter nos peurs et de choisir la beauté ! Nous partons en début d’après-midi et planifions d’arriver avant le coucher du soleil. Après quelques minutes, nous nous approchons des montagnes impressionnantes. En passant un poste de contrôle, nous en profitons pour demander aux policiers s’il y a de la neige sur le Tizi-n-Test, ils nous rassurent que non. L’ascension commence !

La route est simplement magnifique, virage après virage, nous nous approchons de plus en plus du col et nous voyons de près le Mont Toubkal, le point culminant du Haut-Atlas. A 2000m d’hauteur, nous sommes presque au point le plus haut et là, il ne faut pas avoir le vertige. La route n’a plus d’asphalte, plus de barrières de protection et 2 voitures peuvent à peine se croiser … et c’est à ce moment-là, que nous voyons un bus arriver de l’autre sens !

Grosse montée d’adrénaline

Je cherche l’endroit le plus large pour me mettre de côté, mais comme nous roulons sur le côté droite de la route, cela veut dire que 10cm de plus à droite se trouve le ravin ! L’adrénaline monte, surtout quand je remarque que le chauffeur de bus n’a aucune intention de ralentir, il a clairement l’habitude et ne s’imagine pas à quel point nous flippons. Mes mains commencent à transpirer à nouveau, juste en décrivant cette scène.

Le bus fonce vers nous à toute vitesse et quand le chauffeur voit que nous nous sommes mis de côté pour le laisser passer, il lâche le volant d’une main pour nous remercier en saluant et en souriant ! Tout ce que je pouvais penser à ce moment-là était “Tenez le volant à 2 mains s’il vous plaît, on est à côté d’un ravin !!!” donc je ne crois pas que j’ai pu retourner un sourire.

Le bus est passé, nous pouvons respirer de nouveau et nous continuons vers le plus haut point, où on s’arrête pour manger quelque chose dans l’auberge-restaurant « La Belle Vue ». Sans exagérer, ça doit être le restaurant avec la plus belle vue que j’ai déjà vu de ma vie ! Après un bon repas, nous commençons la descente.

Sans un vrai abri à Asni

Après quelques heures, le soleil commence à se coucher, mais nous avons encore un bon bout devant nous. Quand nous arrivons finalement à Asni, il fait déjà noir. Il n’y a pas de campings à Asni et les parkings que nous indique l’application Park4Night ne nous rassure pas trop … Donc, nous décidons d’aller voir la police pour leur demander où on pourrait passer la nuit en sécurité.

Le commissaire nous accompagne au centre où un gardien nous attend avec un grand sourire. En revanche, une fois que le commissaire part, il m’explique que passer la nuit coûte 60 dirhams. Je suis tellement épuisé que je lui donne l’argent sans discuter, même si je sais qu’il a probablement multiplié le prix par 6 (un camping coûte en moyenne 60 dirhams et là on est carrément garé dans la rue …).

La prochaine étape c’est… Marrakech.

Paul.

 

Nos adresses  ❤ :

Le camping du Jardin
Route Ouled Aarfa, Maroc
Le camping chez lequel nous sommes restés, dans un beau jardin, petit et calme.

La Belle Vue
douar – Tizi-n-Test 
Tafingoulte – 77076 – Taroudant – Maroc
Sur le col du Tizi-n-Test, restaurant-auberge. Un repas délicieux, un accueil sympathique et une vue splendide.